Arrivée en fin de séjour en Guinée Équatoriale où il a exercé comme enseignant de français à l’Institut Français de Guinée Équatoriale, Cyprien Bouet, volontaire international, fait le point sur la situation de la langue française.

Après deux années passées en Guinée Équatoriale, quel bilan pouvez-vous dresser sur l’enseignement de la langue française dans le pays ?

Je pense que je peux considérer le bilan de mon séjour ici comme étant positif, surtout pour les équato-guinéens. Je sens qu’il y a un fort engouement pour l’apprentissage de la langue française. N’oublions pas que c’est un pays hispanophone. J’ai ressenti tout au long de mon séjour une dynamique de la part des Équato-guinéens. On n’a beaucoup travaillé aussi bien sur la partie insulaire, que sur la partie continentale. Et une vraie cohésion s’est créée à cet effet.

Quelle catégorie de personnes s’intéressaient-elles le plus à l’apprentissage du français ?

Nous recevions des candidats hétérogènes constitués de locaux et d’étrangers résidents ici. J’ai même eu des apprenants âgés de plus de soixante ans qui étaient assidus à l’apprentissage de la langue française. Donc, vous voyez, nous avons eu toutes les tranches d’âges ici.

Au début, j’ai ressenti beaucoup de découragements. Certains apprenants me disaient « c’est très difficile, je ne comprends rien, je n’y arriverai jamais, je ne saurai jamais parler français ». Mon conseil consistait donc à leur dire de ne pas se mettre ces barrières. Il fallait leur mettre une dose de motivation. Quand on apprend une langue, il y a toujours une partie motivation. Et elle est importante. Je la situerais à 50% et les 50% restant, sont consacrés au travail. Il est question pour nous, enseignants, de donner une envie à nos apprenants. Leur montrer que l’apprentissage de la langue française est un besoin, un amour et non une obligation. Dans le cas de la Guinée Équatoriale grâce à la présence de deux pays francophones à ses frontières (Cameroun et Gabon), le français est encré dans les habitudes des Équato-guinéens.

Je signale qu’à l’Institut Français de Guinée Équatoriale, nous proposons trois sessions annuelles. Et chaque session regroupe environs 1000 candidats.

Heureux du travail accompli ?

Oui effectivement (sourire). Je suis très heureux sur le plan personnel et professionnel. J’ai beaucoup apprécié mon séjour en Guinée Équatoriale. Je me suis concentré sur ce que j’avais envie de faire. J’ai essayé de rendre ses lettres de noblesses à la langue française. Mes collègues et moi avons mis sur pied des cours réservés aux enfants âgés de 3 ans, et aussi le DELF prime qui est destiné aux enfants dont l’âge varie entre 7 et 12 ans. Au début du projet, nous avons eu 7 candidats pour le DELF prime. Et par la suite, ce  chiffre a évolué, passant à 15, 20. Pour finir, nous sommes arrivés à 44 apprenants.

Je ne peux pas prétendre avoir tout fait. Non. Il reste encore, beaucoup à faire pour la langue française en Guinée Équatoriale. Mon successeur, viendra continuer ce que nous avons commencé et hériter des prédécesseurs.

Je projette pour l’avenir, de belles et bonnes choses pour la langue française en Guinée Équatoriale. Nous avons travaillé sur la coopération avec plusieurs écoles ici. Et cela permettra au français, d’être diffusé de manière plus intense.

Mon objectif a été, que les apprenants puissent allier le plaisir et la langue. Que les cours soient dynamiques, que les apprenants manipulent, qu’ils touchent, qu’ils regardent, qu’ils parlent. Voilà ce sur quoi j’ai passé le plus de temps à mettre en place. Et je dis, longue vie à la langue française en Guinée Équatoriale.