Dans ce film, Alain Gomis livre une réflexion poétique et lyrique sur la mort et l’adieu aux siens. C’est une sorte de tragédie grecque transposée à Dakar, savamment portée par le musicien américain Saul Williams.

Le film pose un questionnement : Et s’il ne vous restait plus qu’une journée à vivre, que feriez-vous ? Satché, lui, a choisi de dire adieu aux siens, à ceux qui l’aiment, l’ont aimé et l’aimeront toujours, même le jour d’après.

Des pleurs et adieux de sa mère dans la maison familiale à ceux de son épouse dans sa propre demeure, des reproches amers et non-dits expressifs de son premier amour (Aïssa Maïga, muse hautaine) aux regards lourds d’une tristesse jamais exprimée de l’ami d’enfance, compagnon de la dernière route, la caméra s’arrête sur des détails.

Plis d’yeux, mains nouées, frôlements et autres balancements de hanches en disent plus long sur la vie du héros et ses rapports aux siens que ses discours. D’ailleurs, il parle à peine, trop embourbé qu’il est dans cette tragédie grecque que la fatalité a convoquée, par on ne sait quel sort. Et peu importe les raisons finalement, peu importe les mots.

Satché ne se révolte pas mais son visage (celui de Saul Williams, superbe) exprime le poids de cette mort qui ne le quitte plus.

Sa dernière déambulation dans un Dakar aux prises avec la réalité politique et sociale des dernières élections présidentielles est une allégorie du destin mortel de l’humanité… Au second plan les soubresauts de l’Histoire !

L’homme est mortel et quand vient sa fin, l’heure des bilans est inéluctable.

Là où Bergman trouvait un salut dans une partie d’échec entre la Mort et le Chevalier, Alain Gomis n’offre aucune échappatoire possible à Satché. Est-ce toutefois une chance que de prévoir sa mort ?

Les questions existentielles jalonnent ci-et-là la dernière journée du héros, jusqu’à l’ultime battement de paupières… Ce sont toutes ces émotions que le public de Malabo a eu l’occasion vivre le 13 avril 2017 au Sofitel Présidentiel de la capitale Équato-guinéenne.