Malgré sa jambe paralysée qui le handicape, Souleymane, alias Grigris, un jeune tchadien naïf d’un milieu pauvre, qui travaille pour son beau-père photographe, rêve de devenir danseur. Il danse régulièrement dans une boîte de nuit en improvisant des chorégraphies au son de la musique pop, joue avec sa jambe comme d’un jouet désarticulé et suscite parmi les clients une admiration qui lui vaut un beau succès et une certaine renommée locale. Mimi, une jeune et svelte, qui rêve de devenir mannequin et qui admire elle aussi la danse de Grigris, fait une séance de photos promotionnelle dans son atelier. Des sentiments s’installent entre ces deux naufragés de la vie.

Le beau-père de Souleymane, que celui-ci respecte et aime comme si c’était son père, tombe soudain malade. La protection sociale étant inexistante au Tchad, la famille devra payer une somme importante à l’hôpital pour qu’il puisse bénéficier des soins. Souleymane, qui se trouve totalement démuni, décide de s’adresser à Moussa, un caïd mafieux, pour obtenir de lui un travail dans le trafic d’essence, fort courant dans le pays, afin de trouver l’argent nécessaire pour financer l’hôpital. Une première expérience de transport de bidons à la nage par le fleuve tourne court, car Grigris connaît une certaine incapacité physique à cause de sa jambe. Sur le point d’être évincé, Grigris obtient cependant un poste de conducteur de quatre-quatre pour le transport de bidons, obtenu grâce à son savoir-faire dans la conduite des voitures. Mais au lieu de mener la marchandise à bon port, il prémédite de la détourner en empochant un bon profit financier, qu’il dédie aussitôt aux soins de son beau-père.

Il s’auto-mutile gravement pour simuler son arrestation par des policiers et leur saisie de la marchandise, mais Moussa, qui ne le croit pas, le menace de mort ainsi que sa désormais petite amie Mimi, avec l’aide de son homme de main. Sommé de trouver l’argent sous deux jours, Grigris se résout à fuir la capitale Ndjamena avec Mimi, pour se réfugier dans un village traditionnel. Mais les malfaiteurs retrouvent très vite leur trace.

Écrit et réalisé par le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, Grigris est sorti en 2013. Le film a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 2013. Il a également été sélectionné pour représenter le Tchad aux Oscars du cinéma en 2014 dans la catégorie « meilleur film en langue étrangère ».

Grigris a été projeté le 9 février 2017 au Sofitel présidentiel de Malabo. Cette projection précédée d’une présentation spéciale réalisée par Mahamat-Saleh Haroun en personne.